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Le rite traditionnel E’nnang Leng (s’«asseoir sur sa chaise ») à Bafou

B A Bafou, le rite traditionnel E’nnang Leng concerne les jeunes hommes et s’exécute lorsque ceux-ci sont devenus adultes, lorsqu’ils ont pris leurs responsabilités sociales. Quand l’adolescent devient un homme, il doit le faire savoir dans les principales familles qui constituent sa généalogie :

chez son père, c’est-à-dire parmi ses propres frères et sœurs ; chez son grand-père maternel ; chez son grand-père paternel et chez le « Tei-nkap » de la famille. Pour être désormais considéré comme un homme en ces différents endroits et donc, se voir proposer lors de ses visites le siège d’honneur symbolisé par le tabouret traditionnel, il faut l’avoir « acheté ». Il faut avoir marqué avec solennité auprès de ces principales familles, le fait d’être devenu un homme. Cela se fait à travers le rite traditionnel appelé E’nnang Leng (s’«asseoir sur sa chaise »).

Globalement, un homme traditionnellement « accompli » doit s’être soumis à ces rites à des moments de son choix et aux différents endroits ci-dessus cités. Il semble que le plus tôt est le mieux dès qu’on est devenu un homme socialement indépendant, responsable, émancipé par le mariage par exemple. Dans certains villages d’ailleurs, ces rites se font immédiatement après le mariage du garçon. Mais à Bafou, il nous semble qu’une telle obligation n’existe pas. Apparemment, on le fait dès que l’on se sent prêt à le faire, puisque cela induit d’importantes dépenses.

Les principaux endroits où ces rites doivent se faire ne sont pas sans rappeler ce qui se fait lorsqu’une jeune fille est fiancée : avant la dot principale qui se fait avec les géniteurs directs de la jeune fille, la famille prétendante doit se rendre chez les grands-parents maternels et paternels ainsi que chez le « Tei-nkap » pour les « voir », ce qui veut dire offrir des cadeaux qui sont en beaucoup de points semblables à ceux offerts par le garçon au moment de s’asseoir sur son siège.

Profitons de cette occasion pour dire un mot sur ce que serait le « Tei-nkap ». D’après les renseignements recueillis auprès d’une personne âgée[1], ce serait un bienfaiteur historique de la famille. À l’époque des grandes guerres de conquête, à l’époque des grandes famines, ce sont des gens qui, quelque part le long de la lignée familiale ascendante, sont, d’une manière ou d’une autre, et surtout de façon vitale, venus en aide à la famille ou à l’un de ses fondateurs ; la reconnaissance du bénéficiaire d’un tel geste a dû être si hautement appréciée que celui-ci peut avoir décidé de vouer à son bienfaiteur une reconnaissance éternelle, qui se transmettrait donc de père en fils, et se manifesterait chaque fois qu’il y aurait dans la famille un événement important : mariage d’une fille de la famille, passage des jeunes garçons du statut d’adolescent à celui d’adulte socialement responsable. C’est pourquoi lors de ces événements, le traitement du « Tei-nkap » est aussi important que celui des grands-parents. Et c’est pourquoi aussi, lorsque le « Tei-nkap » n’est pas traité convenablement, les voyants vous rappelleront d’y penser car, cette démarche apaise également les esprits, les âmes, les consciences, les familles, les foyers. Il arrive même que le rappel d’aller « voir » le « Tei-nkap » soit plus brutal que lorsqu’il s’agit d’autres symboles à qui des dettes similaires doivent être payées. Et les droits du « Tei-nkap » se transmettent donc de père en fils. Et lorsque le « Tei-nkap » meurt sans laisser de descendance, il transmet ce droit à l’un de ses bienfaiteurs, et celui-ci continue à en bénéficier.

La qualité de « Tei-nkap » peut également s’acquérir par le tutorat : du temps où la plupart de nos enfants s’en allaient faire des études en ville sans le plus souvent savoir chez qui ils seraient hébergés, ils sont souvent tombés sur des familles qu’ils ne connaissaient ni d’Adam, ni d’Êve, et qui les ont accueillis avant de découvrir plus tard qui étaient leurs parents. De tels gestes ont également tissé des liens si forts qu’ils ont institué des « Tei-nkap ».

Après ce rappel des fondements culturels des rites de la « chaise » et du sens de la notion de « Tei-nkap », nous pouvons maintenant énumérer les cadeaux que doit apporter celui qui entend « occuper » son siège chez le « Tei-nkap » de la famille, et que nous appellerons dans la suite le « demandeur » :

1. Deux tabourets traditionnels (Akô’h) (l’un sera pour l’officiant de la cérémonie, et l’autre pour le demandeur ;

2. Deux tenues traditionnelles (l’une sera pour l’officiant, et l’autre pour le demandeur) ;

3. 2 chapeaux traditionnels (idem) ;

4. 2 verres très souvent en corne de bouc (idem) ;

5. Une chèvre ;

6. Une somme d’argent pour, dit-on souvent, « E’sô’h Nkô’h Nvouhou » ou rehausser la valeur de la chèvre. (Elle peut être plus ou moins de 20 000 frs CFA, que l’on ficèlera, «E’nkwêt» de 1 000 frs ou de 2 000 frs CFA) ;

7. Une somme d’argent pour recouvrir les tabourets avant que l’officiant et le demandeur ne s’y asseyent (environ deux milles francs pour la siège du demandeur et environ mille francs pour le siège de l’officiant) ; mais c’est ce dernier qui devra, à la fin de la cérémonie, récupérera toutes ces sommes d’argent qui, faut-il le rappeler, peuvent varier largement en fonction du statut social du demandeur ;

8. 1 tine d’huile de palme ;

9. 1 sac de sel (18 kgs) ;

10. 2 grands bols de plantain cuit avec de la viande de porc ou de bœuf (1 bol pour les visiteurs et l’autre pour les hôtes) ;

11. 2 casiers de bières (1 casier pour les visiteurs et 1 pour les hôtes) ;

12. Le casier des hôtes doit être accompagné d’au moins un vin rouge ;

13. 2 « plateaux » de riz avec sauce (1 « plateau » pour les visiteurs et l’autre pour les hôtes) ;

14. Puisque le demandeur est généralement marié, sa belle-mère doit avoir fait le taro qui sera consommé par les deux parties et dont une partie de la sauce servira à annoncer aux ancêtres que la cérémonie a eu lieu ;

15. Le maïs écrasé aux arachides « E’nguessan chô’oh »que les deux parties consomment aussi, et dont une partie servira aux mêmes fins que ci-dessus.

Nous avons essayé de recueillir ces informations davantage pour susciter plus d’éclairage sur ces notions que pour informer l’opinion Bafou. Nous pensons que lorsque la question aura reçu les éclairages de plusieurs contributeurs, nous verrons plus clair dans tout ceci, et serons à même d’expliquer à nos propres enfants le bien-fondé de ces pratiques traditionnelles. Rappelons-nous que nos aînés qui nous ont précédés en ville après les indépendances ont fait des enfants qui, aujourd’hui, s’ils n’ont pas encore affirmé leur maturité où de droit, devraient être en train de songer à le faire, ou devraient savoir qu’ils sont en retard.



[1] En l’occurrence Mme Ngouadjio Éda, consultée le 8 août 2012 à Dschang.

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A suivre avec la partie Préparé par ASSO-MO’OH avec la collaboration de M. AZOGNING Pierre et Présenté Par MOOH TEGNI NDZIKA TETSA Nestor

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